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Google masque les liens directs dans ses résultats : faut-il s'en inquiéter quand on est une TPE ?

Google fait transiter les liens de ses résultats par une URL de redirection. Un changement invisible pour vos clients, mais qui perturbe les outils de suivi de position. Ce que ça change vraiment pour une petite entreprise.

Portrait de Edwyn Hôo Edwyn Hôo Expert SEO & SEA

· 5 min de lecture

Il y a des changements chez Google qui font beaucoup de bruit dans le petit monde du référencement et qui, pour un artisan ou un dirigeant de PME, ne changent strictement rien à la vie quotidienne. Celui-ci en fait partie — à une nuance près, qui mérite qu’on s’y arrête cinq minutes. Depuis quelques semaines, les liens affichés dans les résultats de recherche de Google ne pointent plus directement vers les sites. Ils passent par une adresse intermédiaire, google.com/goto, avant de rediriger l’internaute vers la page qu’il a choisie. Le moteur a confirmé le déploiement sans en détailler le fonctionnement technique.

Concrètement, qu’est-ce qui a changé ?

Avant, quand vous passiez la souris sur un résultat de recherche, votre navigateur affichait en bas de l’écran l’adresse réelle du site. Aujourd’hui, il affiche une URL Google suivie d’un identifiant encodé. Vous cliquez, Google redirige, et vous arrivez bien sur la page attendue. L’expérience est identique : même page d’arrivée, aucun délai perceptible, aucune étape supplémentaire.

Le dispositif était testé depuis juillet 2026 sur une partie des résultats avant d’être généralisé fin août. Il n’est d’ailleurs pas encore actif partout : les tests montrent que la navigation privée et la navigation sans compte connecté ont été servies en premier, tandis que les liens directs subsistent souvent à l’intérieur d’une session connectée.

Google justifie la mesure par des « mesures techniques contre les formes d’abus en constante évolution ». En clair, la cible n’est pas l’internaute : ce sont les outils qui interrogent automatiquement les pages de résultats à grande échelle pour en extraire les données — et, très probablement, les moteurs d’IA qui s’en nourrissent.

Pourquoi ça gêne les outils et pas vos clients

La différence tient à un détail technique qui a de grosses conséquences. Auparavant, un robot qui analysait une page de résultats lisait directement les adresses des sites positionnés. Désormais, ces liens ne sont plus décodables depuis la page elle-même : pour savoir où chaque lien mène, il faut suivre chaque redirection une par une. Sur une page de résultats qui peut en contenir plusieurs centaines, la facture technique s’alourdit sérieusement.

C’est le deuxième tour de vis en un an. En septembre 2025, Google avait déjà retiré le paramètre num=100, qui permettait d’afficher cent résultats sur une seule page. Les outils de suivi de position avaient dû multiplier leurs requêtes, les coûts d’infrastructure avaient grimpé et les relevés avaient perdu en stabilité. Le même scénario se rejoue, en plus contraignant.

Le bras de fer se joue aussi devant les tribunaux : Google a attaqué SerpApi fin 2025 pour extraction et revente de ses résultats. La justice fédérale américaine a rejeté la plainte en juillet 2026, estimant que des résultats dépourvus de contenu protégé ne relèvent pas du droit d’auteur. Google a depuis déposé une plainte modifiée. Autrement dit : le sujet n’est pas clos, et la pression sur les outils tiers va continuer.

Ce que ça change pour une TPE ou une PME

Soyons clairs sur l’essentiel : votre visibilité ne bouge pas. Vos positions réelles dans Google sont exactement ce qu’elles étaient la semaine dernière. Vos clients trouvent votre site comme avant. Vos formulaires, vos appels, vos demandes de devis ne sont pas affectés. Il n’y a rien à corriger sur votre site, aucune balise à changer, aucune migration à prévoir.

Ce qui bouge, c’est la fiabilité de ce que vous lisez dans vos outils de suivi. Si vous avez un rapport de positions — fourni par votre agence ou souscrit directement — il est possible que vous y voyiez, ces prochaines semaines, des mots-clés qui « disparaissent » puis reviennent, des positions qui sautent sans raison, ou des relevés incomplets. Le temps que les éditeurs adaptent leur collecte, ces anomalies relèvent souvent de l’outil, pas de votre référencement.

Le vrai risque est là : confondre un problème de mesure avec un problème de performance. C’est la plus mauvaise façon de piloter. On voit une chute dans un rapport, on panique, on refond une page qui fonctionnait très bien, et on casse quelque chose qui n’était pas cassé.

Les trois réflexes à adopter

Recoupez avant de réagir. Votre référence, ce n’est pas l’outil de positionnement, c’est la Search Console de Google — les impressions, les clics et les positions moyennes qu’elle remonte viennent du moteur lui-même et ne dépendent d’aucun robot tiers. Si la Search Console est stable et que votre outil s’affole, le problème est dans l’outil. C’est exactement pour ça qu’un tableau de bord SEO qui croise plusieurs sources vaut mieux qu’un chiffre unique sorti de son contexte.

Interrogez votre prestataire. Une chute inexpliquée dans un relevé mérite une question simple : est-ce que votre collecte a été perturbée ? La réponse évite bien des chantiers inutiles. Comparez aussi les relevés des jours précédant et suivant une anomalie : une rupture nette de série ressemble rarement à une vraie perte de positions, qui se manifeste plus progressivement.

Anticipez une hausse des tarifs. Le précédent du num=100 a montré que le surcoût technique finit par se répercuter sur les abonnements aux outils. Si vous payez une licence de suivi, gardez-le en tête pour votre budget de l’année prochaine.

La lecture de fond

Ce changement dit quelque chose de plus large : Google verrouille progressivement l’accès automatisé à ses pages de résultats. Pour une TPE, la leçon n’est pas technique, elle est stratégique. Plus les données de la SERP deviennent difficiles à collecter, plus il devient risqué de piloter son référencement naturel sur les seules positions affichées par un outil.

Ce qui compte, et ce qui restera mesurable quoi qu’il arrive, ce sont les résultats business : combien de personnes vous contactent depuis le site, combien d’appels génère votre fiche Google, combien de devis en découlent. Ces indicateurs-là ne dépendent d’aucun robot qui gratte les résultats de Google. Ils sont chez vous.

Donc : rien à faire dans l’immédiat. Mais si un rapport vous annonce une catastrophe dans les semaines qui viennent, respirez, et vérifiez la source avant de sortir le budget.

Source : Blog du Modérateur

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